Ce qui devait être une célébration nationale s’est transformé en un véritable casse-tête. La publication des résultats de l’Examen d’État 2025 en République démocratique du Congo, annoncée avec tambours et trompettes, soulève aujourd’hui une vague d’indignation. En cause : des erreurs d’identification, des taux de réussite douteux, et une rapidité de publication qui interroge.
Une publication éclair… trop éclair ?
À peine trois jours après la fin des épreuves, les résultats étaient déjà disponibles en ligne et par SMS. Une première dans l’histoire du pays. Le ministère de l’Éducation nationale s’est félicité d’une « digitalisation réussie », vantant les mérites d’un système automatisé de correction. Mais cette célérité, saluée par certains, inquiète de plus en plus. « Trop rapide pour être fiable », lâche un enseignant de Gombe. Et les faits semblent lui donner raison.
Des identités fantômes : quand les codes élèves affichent des inconnus
Depuis la mise en ligne, les témoignages affluent. Des élèves qui, en entrant leur code personnel, voient apparaître le nom d’un autre candidat. Parfois d’une autre école. Parfois d’une autre province. « J’ai tapé mon code et c’est le nom d’un inconnu qui est apparu », raconte une élève de Kinshasa. Une situation qui sème le doute, mine la confiance et jette une ombre sur la fiabilité du processus.
100 % de réussite… mais pour qui ?
Dans plusieurs écoles, les résultats affichent un taux de réussite parfait. Une performance rare, presque trop belle pour être vraie. Pourtant, sur le terrain, des élèves pleurent, d’autres s’interrogent, et certains n’ont même pas pu consulter leurs résultats. « Comment peut-on parler de 100 % alors que mon nom n’apparaît nulle part ? », s’indigne un candidat de Masina. La fête tourne au malaise.
Une numérisation à deux vitesses
Si la digitalisation des résultats est une avancée, elle reste inaccessible pour une partie des élèves. Entre les plateformes en ligne saturées, les SMS payants et l’absence d’affichage physique dans certaines écoles, de nombreux candidats — notamment en zones rurales — se retrouvent exclus du processus. Une fracture numérique qui accentue les inégalités.
Une crise de confiance
L’Examen d’État est un pilier du système éducatif congolais. Il incarne l’égalité des chances, la reconnaissance du mérite. Les erreurs constatées cette année ne sont pas anecdotiques : elles touchent à la légitimité même de l’institution. Parents, enseignants, élèves… tous réclament des explications. Et surtout, des corrections.
Ce que le ministère doit faire, maintenant :
- Auditer les plateformes et corriger les erreurs d’identification ;
- Publier une liste officielle consolidée, avec vérification manuelle ;
- Garantir un accès gratuit et universel aux résultats ;
- Communiquer clairement les anomalies constatées.
L’heure n’est plus aux slogans technologiques. L’heure est à la transparence, à la rigueur, et au respect des milliers de jeunes qui ont passé cet examen avec espoir. Le pays leur doit des réponses. Et surtout, la vérité.
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