Alors que l’épidémie de choléra continue de s’étendre dans 17 provinces du pays, le gouvernement congolais peine à mobiliser les fonds nécessaires pour une riposte sanitaire efficace. En parallèle, des contrats de sponsoring avec des clubs de football européens atteignent des montants vertigineux, dépassant les 100 millions d’euros.
Des millions pour le prestige
Depuis 2023, la République Démocratique du Congo a signé plusieurs accords de partenariat avec des clubs de renom :
- FC Barcelone : contrat de 40 millions d’euros sur 4 ans ;
- AC Milan : 14 millions d’euros par saison ;
- AS Monaco : 1,6 million d’euros par an ;
Ces accords visent à promouvoir le slogan « DRC, Heart of Africa » à travers le sport de haut niveau. Le logo du pays figure désormais sur les maillots et les supports médiatiques de ces clubs, dans une stratégie de « nation branding » assumée.
Une riposte sanitaire sous-financée
Pendant ce temps, le choléra progresse. Depuis janvier 2025, plus de 35 000 cas ont été recensés, avec un taux de létalité atteignant 9% à Kinshasa. Le gouvernement a lancé un plan d’urgence, mais les financements restent largement insuffisants.Selon les estimations du ministère de la Santé, moins de 2 millions d’euros sont disponibles pour faire face à l’épidémie. L’essentiel de la riposte repose sur l’aide internationale : OMS, UNICEF, Médecins Sans Frontières.
Une question de priorités
La comparaison des chiffres interroge. Avec 100 millions d’euros, la RDC pourrait :
- Construire ou réhabiliter plus de 1 000 écoles ;
- Équiper des centaines de centres de santé ;
- Étendre l’accès à l’eau potable dans les zones à risque ;
- Mettre en place une campagne nationale de vaccination et de sensibilisation ;
Réactions
Des voix s’élèvent dans la société civile. « On investit dans l’image, mais on oublie la vie », déplore un responsable d’ONG à Goma. « Le choléra tue en silence pendant que nos dirigeants applaudissent des logos sur des maillots. »
Conclusion
La stratégie de visibilité internationale de la RDC soulève des questions fondamentales sur les priorités budgétaires. Dans un pays où les infrastructures sanitaires sont fragiles et les épidémies récurrentes, chaque euro dépensé devrait être pesé à l’aune de son impact sur la population.
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