À l’approche de l’élection présidentielle prévue en octobre, Monseigneur Samuel Kleda, archevêque métropolitain de Douala, a lancé un appel retentissant en faveur d’une alternance politique, qu’il juge indispensable pour « sauver le Cameroun »
Une lettre pastorale au ton grave
Lors de la messe dominicale, Mgr Kleda a diffusé une lettre pastorale intitulée « Sur le climat social à l’approche du scrutin ». Il y dépeint un pays « malade », gangrené par la mauvaise gouvernance, la corruption, la pauvreté généralisée, et des infrastructures délabrées. Il dénonce une démocratie « entachée par la violence institutionnelle, les intimidations, l’absence de transparence et de justice ».« Il est moralement inacceptable d’organiser des élections dont les résultats sont connus d’avance », écrit-il, pointant du doigt une gestion étatique verrouillée par des intérêts claniques et ethniques.
Une alerte sur les crises oubliées
Le prélat interpelle également sur les crises persistantes :
- La crise anglophone, toujours sans résolution ;
- La situation sécuritaire dans l’Extrême-Nord ;
- L’accès difficile à l’eau, à l’électricité et à des soins de qualité.
Il appelle les citoyens à ne pas se décourager et à « choisir des hommes et des femmes animés par le désir de changer ce que nous vivons ».
Une critique implicite du pouvoir en place
Sans nommer directement le président Paul Biya, âgé de 92 ans et au pouvoir depuis 1982, Mgr Kleda avait déjà déclaré à Noël sur RFI qu’une nouvelle candidature de ce dernier « n’était pas réaliste ». Son message actuel renforce cette position, en plaidant pour un « nouveau paradigme » et des « leaders capables de proposer des solutions concrètes ».
Réactions contrastées
Du côté du parti présidentiel, le RDPC, la réaction ne s’est pas fait attendre. Georges Teguem, avocat et communicant du parti, a qualifié le discours de l’archevêque « d’excessif », affirmant que le gouvernement « travaille pour améliorer le quotidien des Camerounais ».
info@masmik.com