Le rideau est tombé sur le nouveau gouvernement congolais. Dans la nuit du 7 au 8 août 2025, Félix Tshisekedi a dévoilé l’équipe Suminwa II, toujours conduite par Judith Suminwa Tuluka, première femme à occuper ce poste en RDC. Un remaniement attendu, annoncé comme « resserré » et « d’union nationale »… mais qui ressemble davantage à un savant dosage politique qu’à une véritable ouverture.
Entre reconductions et recyclage
Pas de révolution : les poids lourds du régime restent en place. Jean-Pierre Bemba, Jacquemain Shabani, Guy Kabombo, Thérèse Wagner, Jean-Pierre Lihau… tous reconduits, parfois avec un simple changement de portefeuille. On parle de stabilité, mais certains y voient surtout une fidélité récompensée.
Des retours et des parachutages
Le retour d’Adolphe Muzito au Budget intrigue : ancien Premier ministre, il revient par la grande porte. Guillaume Ngefa, ex-ONU, prend la Justice — un signal fort sur les droits humains ? À voir. Et puis il y a les figures inattendues : Floribert Anzuluni, activiste devenu ministre, ou Eliezer Ntambwe, journaliste propulsé aux Anciens combattants. Des choix qui interpellent, entre audace et calcul électoral.
Une porte fermée à l’opposition radicale
Malgré les appels à l’unité, Lamuka de Martin Fayulu reste à l’écart. Refus assumé, dénonçant une démarche « cosmétique » et appelant à un véritable dialogue national sous l’égide des Églises. L’opposition institutionnelle est donc absente, et la promesse d’un gouvernement inclusif sonne creux.
Ce qu’il faut retenir
Suminwa II n’est pas un gouvernement de rupture. C’est un gouvernement de continuité, de fidélité, avec quelques visages nouveaux pour faire bonne figure. À neuf mois d’une année décisive, le pouvoir joue la carte du contrôle. Mais la question demeure : cette équipe peut-elle répondre aux attentes d’une population en quête de justice, de sécurité et de progrès ?
info@masmik.com